30 décembre 2006
Ecrire pour le Web, pas si facile
Si le lecteur Web doit faire quelques efforts et adapter son environnement et son équipement à la lecture à l'écran, le rédacteur Web doit aussi savoir suivre quelques règles élémentaires facilitant la lecture à l'écran.
- Avant la phase de rédaction, un temps de réflexion est nécessaire lorsqu'on s'apprête à diffuser un contenu sur le Web. Il s'agit de savoir dans quel but ce contenu est mis en ligne, pour quel public et pour quoi dire. Si je veux rédiger un cours de photographie destiné à des apprenants clients d'une entreprise de e-learning, il me faut déterminer ce que je veux dire des techniques de la photographie, adapter mon discours et mes données aux différents publics que touche la société en question, et savoir dans quel but je propose ces cours de photographie.
- Ensuite, le rédacteur Web doit organiser le contenu de ses pages, qu'il s'agisse d'un site Internet ou d'un cours en ligne. Il peut morceler son contenu en autant de pages-écrans ou disposer son contenu de façon verticale, linéaire. Voilà pour la présentation globale. A l'intérieur, son texte peut être rédigé sur le mode de la pyramide inversée, l'essentiel venant en tête, sur le mode du morcellement, de la foire aux questions ou du magazine avec un système de rubriques.
- Finalement, le contenu pour le Web doit être rendu convivial, c'est-à-dire lisible et balayable, mais aussi humain à l'aide d'exemples et d'anecdotes, et animé. N'oublions pas que l'Internet est un support facilitant l'usage du multimédia et que la lecture à l'écran jugé pénible et fatiguante peut tirer partie de la possibilité d'animer tout contenu Web par des images, fixes et animées, mais aussi du son. Le choix de police sans empattement, l'alignement du texte à gauche, le découpage en paragraphes, le fait de mettre des mots en gras ou de les surligner facilitent encore la lecture à l'écran et sont du ressort du rédacteur, qui peut aussi ainsi faciliter une lecture papier que peut préférer le lecteur qui imprimera systématiquement toute page Web.
Apprendre en ligne : la question de la lecture
L'apprentissage en ligne suppose la lecture et l'écriture pour le Web. Deux points que nous allons traiter séparément.
Du point de vue de l'apprenant, autrement dit celui ou celle suivant une formation à distance, une des premières difficultés réside dans la nécessité de consulter des écrits publiés sur Internet. Étudiante moi-même à distance, je dois reconnaître la difficulté de l'exercice. Il est d'abord difficile de lire des textes longs à l'écran, textes dont le contenu important en informations sont généralement accessibles sur papier, dans des livres, revues et sous forme de prise de notes. Il n'est pas possible de reproduire des gestes qui nous permettent de mémoriser les contenus qui font nos cours : comment souligner, surligner, annoter un texte en ligne, sans l'imprimer ou le reproduire et utiliser les outils de traitement de texte permettant de souligner ou de mettre en gras ? La lecture à l'écran est aussi fatiguante, d'autant plus quand ce qui est lu est un texte long, uniforme et compact.
La question de la lecture à l'écran est bien sûr largement traitée sur divers sites Internet (www.lergonome.org ; http://ulb.ac.be ; www.cortexte.com). On y apprend que la lecture sur le Web se fait généralement sur le mode du balayage. C'est-à-dire que la lecture ne se fait pas mot à mot. La lecture est aussi 25 % plus lente que sur papier et les lecteurs n'apprécient pas les pages trop longues. Une page organisée est plus attirante pour une lecture à l'écran. Certains en viennent à édicter quelques règles à destination des lecteurs Web : ces règles portent notamment sur le confort lié à l'écran, son inclinaison, sa position par rapport au regard du lecteur, la réflexion d'une source lumineuse qui peut s'y produire. Ce n'est pas seulement au rédacteur mais aussi au lecteur Web de faire des efforts.
22 décembre 2006
Learndirect, mastodonte de la e-formation
Ma première découverte du e-learning nord-irlandais porte sur un concept, développé par l'Ufi (University for industry) et soutenu par le gouvernement. Ce concept a pour nom learndirect - 'apprendre directement' (www.learndirect.co.uk). L'Ufi a été créée en 1998 et a developpé à la même date le learndirect avec pour clé de voûte les préceptes d'accessibilité, de flexibilité et de soutien, appliqués à l'apprentissage. L'objectif de l'Ufi et de learndirect est de donner aux plus de 16 ans l'enseignement dont ils ont pu se détacher trop tôt ou dont ils ont besoin pour des raisons personnelles ou professionnelles. Pour cela, l'Ufi a choisi de développer ses supports de formation via les technologies de l'information, Internet notamment.
Partant du constat que 17,8 millions de personnes ont des problèmes d'analphabétisme et un niveau inférieur au baccalauréat, l'Ufi a voulu réconcilier ces personnes avec l'enseignement grâce à un mode de formation souple, flexible et accessible. Nous parlons ici de la e-formation. Des centres de learndirect sont ainsi installés à travers le Royaume-Uni, rendant l'accès à Internet plus évident pour tous.
L'objectif de l'Ufi et de learndirect n'est pas seulement d'apporter une formation et des diplômes à des personnes sorties du système scolaire (parce que les formations permettent de passer des examens et d'obtenir des diplômes). Il est aussi de fournir un service aux entreprises, en proposant des formations pour les salariés, individuelles ou en groupe. Pour cela, learndirect dispense un nombre impressionnant de cours, notamment tournés vers le business et le management, et peut être l'hôte des cours développés par les employeurs eux-mêmes. Learndirect propose aussi des tuteurs et un suivi du travail des employés. La structure propose des formations qui peuvent mener à certaines qualifications, après examens bien sûr.
Enfin, learndirect se veut aussi compétent au niveau de l'orientation, puisque des professionnels délivrent des conseils en matière d'orientation, de formation, d'embauche aux particuliers, de façon gratuite et en plusieurs langues dont le polonais, l'urdu, le farsi, le français.
L'Ufi se vante d'être avec learndirect, premier diffuseur de e-learning dans le Royaume-Uni. Un slogan à vérifier dans les prochains articles de ce blog. Nous poursuivrons aussi notre découverte de learndirect, dont l'activité est très importante et vaste.
Le e-learning, une forme d'apprentissage courante en Irlande du Nord
Bonjour,
Avant de se lancer dans la recherche et le commentaire d'informations sur le e-learning en Irlande du Nord, sujet de ce blog, laissez-moi vous conter rapidement de quelle manière ce sujet s'est imposé à moi.
Il y a peu de temps encore, je me rendais tous les jours dans la bibliothèque de la ville nord-irlandaise où je me trouve afin de consulter mes mails et de travailler sur la plate-forme de l'université de Monptellier, où je suis étudiante en Master. Epinglées aux murs, des affiches ont plusieurs fois attiré mon attention alors que je patientais, regardant mon micro-ordinateur peiner à ouvrir une ridicule fenêtre. Il s'agissait d'affiches du centre de e-learning local, vantant sa réussite et sa clientèle nombreuse (et bien sûr satisfaite). La ville dont je parle n'est pas énorme. Ses atouts majeurs consistent en deux centres commerciaux, qui attirent les foules toute la semaine durant. A force de regarder cette affiche et les publicités que s'offre le E-learning Center en question dans les journaux locaux, je me suis demandée si l'Irlande du Nord n'avait pas un train d'avance sur la France en matière de e-learning. J'ai vécu dans plusieurs villes de taille variable dans l'Hexagone, mais n'y ai jamais appris l'existence d'un centre proposant des formations en ligne (exception faite de l'université de Montpellier). Alors, j'ai pensé à faire du e-learning le thème de ce blog, afin de répondre à toutes les questions que cette naïve remarque pouvait susciter.
Avant de découvrir quelles formes et quelle importance tient le e-learning en Irlande du Nord, je voudrais commencer par définir brièvement ce qu'est le e-learning. Le e-learning, ou e-formation ('e' pour électronique) ou encore formation en ligne, etc., est le moyen mis à disposition des individus de se former, d'acquérir et de vérifier ses connaissances, de suivre un apprentissage, par le biais d'un équipement informatique (micro-ordinateur plus Internet). Cet apprentissage se fait à la fois en ligne et de façon asynchrone, la personne travaille alors directement le contenu de sa formation en ligne, et hors ligne et de façon synchrone, quand d'éventuelles rencontres sont organisées dans un même lieu à un même moment entre apprenants et enseignants. Cette forme d'apprentissage mixte, e-learning plus présentiel, porte le nom de blended learning en anglais.
Un outil particulier a été mis en place pour permettre la e-formation. Il s'agit des plates-formes où les apprenants ont accès à leurs cours, à des exercices, à des documents, à des liens, différens contenus qui reflètent la diversité du multimédia. Ils peuvent soumettre des devoirs à leurs enseignants et communiquer entre apprenants et avec les enseignants ou un tuteur de façon asynchrone (mails, blogs) et synchrone (forums, chats, téléconférence). Du côté de l'apprenant, la formation repose donc sur l'autodiscipline, la capacité d'organiser son travail, la motivation, un équipement informatique fiable, une certaine maîtrise de l'outil informatique. Les enseignants diffusent leurs cours sur ces plates-formes, assurent un suivi et un soutien dans la formation dont la difficulté majeure repose sur l'absence de face à face enseignant-apprenant, de mise dans l'apprentissage. Un administrateur gère cette plate-forme, en assure la mise à jour et contrôle ses utilisateurs.
Cette définition posée, nous pouvons maintenant nous tourner vers l'Irlande du Nord et partir à la découverte des formes qu'y prend la e-formation, la philosophie qui l'habite, son histoire, ses ambitions, et pourquoi pas aussi ses lacunes.
